Dans « Zem » ( Actes Sud), Laurent Gaudé nous livre une intrigue quasi policière, qui fait suite à son précédent opus « Chien 51 ». On y retrouve Zem, l’ancien flic, et Sania Malberg, inspectrice de police dans un monde de contrôle. Jean Glavany a été touché par le message d'espoir délivré sous les auspices de la Crète malgré la noirceur d'une dystopie hélas presque réaliste sur les horreurs d'un monde ultra consumériste...
Lu « Zem » de Laurent Gaudé paru chez Actes Sud. La suite du précédent roman de l’auteur, « Chien 51 » paru il y a trois ans où l’on retrouve Zem, l’ancien flic, et Sania Malberg, inspectrice de police, dans le décor de Magnapole, une ville méditerranéenne tombée sous la coupe d’un consortium, GoldTex qui, on s’en souvient, a découpé la ville en zones socialement ségrégationnistes et hermétiquement séparées.
Une intrigue quasi policière
L’auteur nous livre une intrigue quasi policière qui permet de mettre en exergue les pratiques épouvantablement cyniques d’une société consumériste à l’extrême où le confort des uns, les plus riches, se fait au détriment des autres. Mais il ouvre une fenêtre sur l’espoir face à cette noirceur qui s’appelle « résistance » que nos deux héros vont découvrir en Crète…
L'amour de la Méditerranée
J’aime beaucoup Laurent Gaudé, un auteur de son temps, humainement généreux et intellectuellement curieux. J’aime en particulier son amour de la Méditerranée et, notamment de la Grèce et les romans qu’il a consacrés à ces décors, cette ambiance et cette civilisation si attachante. J’avais beaucoup aimé « Le soleil des Scorta » qui lui avait valu le Goncourt il y a - déjà !- une vingtaine d’années. Je ne sais pas pourquoi j’ai un peu plus de mal avec cette série…sans doute parce que, justement, dans cette fiction, tout ce qui fait le charme de cette Méditerranée est à ce point souillé, qu’on en ressent comme un malaise : si j’ose dire, on ne ressent plus le parfum de la garrigue, le goût des olives, le chant des cigales….Mais cela reste de la très bonne littérature.
« Zem », le mot de l'éditeur
De retour dans les rues de Magnapole, Zem Sparak, l’ancien flic déclassé de la zone 3 – le “chien” au matricule 51 –, assure désormais la sécurité rapprochée de Barsok, l’homme qui a promis d’abolir les différences de classe et de réunifier la ville.
À l’approche du jour censé célébrer l’avancée des Grands Travaux, et alors que toutes les caméras sont tournées vers le port où arrive un cargo chasseur d’icebergs, un container livre une funeste découverte : assis côte à côte, cinq cadavres anonymes portent les traces d’atroces souffrances. L’occasion pour Zem de retrouver l’inspectrice chargée de l’enquête, Salia Malberg. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce que cache le consortium GoldTex : à Magnapole, comme ailleurs, le confort des uns semble bâti sur la vie de milliers d’autres…
Ce nouveau roman de Laurent Gaudé est un miroir tendu à nos sociétés consuméristes en proie à l’effondrement. Mais il abrite aussi l’idée d’un ailleurs, d’un refuge face au désastre, nommé résistance.
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Jean Glavany a été chef de cabinet du Président de la République François Mitterrand, secrétaire d’Etat dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche dans le gouvernement de Lionel Jospin. Élu maire de Maubourguet en 1989, il fut député des Hautes Pyrénées pendant 24 ans. Il est aujourd’hui enseignant à Sciences Po Paris, Président de l’Institut François Mitterrand, et Secrétaire de la Fondation de l’Institut du Cerveau. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont « La Laïcité, un combat pour la paix » (Éditions Héloise d’Ormesson) et « 3000 ans après Ulysse » (éditions Edisens).