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De la BD aux mangas: l’invasion du visuel dans la littérature jeunesse

La bande dessinée a longtemps été négligée par la littérature jeunesse. Mais les temps changent, et BD et manga en sont les nouvelles stars. La littérature graphique, un secteur qui ne cesse d’évoluer, et qui séduit désormais petits et grands.

La bande dessinée française se porte bien, avec près de 15 nouveaux titres publiés chaque jour, soit un marché d’environ 5000 nouvelles bande dessinées tous les ans. Cela fait maintenant 18 ans que le marché de la BD est en croissance. L’étoile montante, c’est aussi le manga, qui voit son succès grandir d’année en année. 

Le roman graphique évolue

L’image prospère. Cette année, elle a même son propre espace au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, avec sa scène graphique. Terminée cette époque où la BD n’était pas considérée comme de la « vraie » littérature. Aujourd’hui on constate l’apparition de ce qui est appelé la « BD d’auteur », le roman graphique, qui ne sont d’ailleurs plus réservés qu’à un public exclusivement jeune. Les genres traditionnels que sont l’aventure, la science-fiction, l’humour ou le fantastique ne sont plus les seuls représentants du marché. C’est un nouveau genre qui est apparu, celui de la BD autobiographique ou de la BD-reportage. On retient par exemple les succès de Maus, d’Art Spiegelman, qui traite de l’Holocauste et qui a reçu en 1992 le fameux prix Pulitzer américain; ou encore «Persepolis de Marjane Satrapi, qui retrace sa vie en Iran et qui a été adapté au cinéma plus tard. La BD ne cesse de prendre de nouvelles formes et le visuel envahit le secteur de la littérature. 

La BD, 9ème art

La bande dessinée est aujourd’hui reconnue comme une forme d’art à part entière. Sa consécration s’est faite notamment par le biais du Centre Pompidou, à Paris, qui cherche à explorer l’univers des dessinateurs majeurs du XXème siècle. En ce moment, c’est à Claire Bretécher, la créatrice d’Agrippine, que l’espace est dédié. Elle vient s’imposer après des expositions consacrées à Jean-Marc Reiser, Willem, Jean Gourmelin et Art Spiegelman. La bande dessinée obtient donc enfin ses lettres de noblesse, sa "vraie valeur" est désormais reconnue, et voilà qu'elle n'est plus simplement catégorisée en tant que divertissement pour les jeunes. Elle prend un aspect engagé, à l'image de Claire Bretécher qui, par exemple, a ouvert la voie aux thèmes intimistes, féminins et féministes dans l'art de BD. 

>Découvrez notre article sur l'exposition Claire Bretécher

Le Japon des mangas s’exporte

Le manga n’est pas en reste et c’est même une véritable percée que l’on peut observer. Il s’importe de mieux en mieux dans l’Hexagone, comme le prouve le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. En janvier dernier, il accordait sa plus haute distinction à un auteur de manga, Katsuhiro Ōtomo, le créateur de « Akira ». Environ 1 500 mangas japonais sont traduits chaque année en français, soit 37 % de l’ensemble des sorties du secteur. C’est considérable, et Katsuhiro Ōtomo n’y est pas pour rien. D’ailleurs, il sera l’invité d’honneur de la prochaine édition du festival. Une première pour un mangaka. 
Si le manga n'était jusqu'alors pas très reconnu dans la littérature, d'autres domaines artistiques l'avaient accueilli plus chaleureusement et plus tôt. C'est notamment le réalisateur japonais Hayao Miyazaki qui l'avait rendu populaire en Occident avec ses films d'animations comme Le Château ambulant ou Le Voyage de Chihiro

>Découvrez notre dernier article sur le Festival d'Angoulême

Et si le roman graphique venait au secours des livres imprimés ?

Mais le roman graphique n’a pas qu’un intérêt visuel. Son impact économique est non négligeable. Alors que le papier court à sa perte avec la lecture numérique, on en vient à se demander si BD et manga ne seraient pas les sauveurs de l’imprimerie en littérature. Une partie du plaisir de la lecture d’une belle bande dessinée provient justement de l’envie d’en tourner les pages, d’en découvrir les illustrations. Une sensation plus difficile à reconstituer avec le numérique. 

Un autre aspect considérable est celui de l’impact sur la lecture des jeunes. Car celle-ci est de plus en plus délaissée par les ados. Selon une enquête réalisée par le Ministère de la culture et de la communication, si 33,5% des jeunes de 11 ans affirment « lire un livre tous les jours », ils ne sont plus que 9% à 17 ans. Alors, mangas et BD peuvent-ils parvenir à contrer ce phénomène ? 

>Découvrez notre tribune sur la disparition du livre

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