Les extraits

Leurs larmes chantent, parfois -Alléluia!

Jacqueline Wautier
" Pour tous ici, Félicie était une grande bringue à l'intelligence peu développée, plus jument ardennaise que pouliche arabe –si vous voyez ce que je veux dire ? Et qui parlait fort, qui bougeait large. Traînant parfois jusqu'aux petites heures au “Vieux de la vieille” ; à taper le carton en ‘en' racontant une bien bonne. Les gars encore debout étaient pliés à la voir exécuter quelques pas d'une danse inconnue, se claquant les cuisses et riant gras. Que le ciel me pardonne mais celle-là pétait le feu, fonçant comme un gendarme qui aurait eu la mort au derrière et brimbalant une toison noire coupée à la diable qui tousse. Fagotée comme un épouvantail avec ça ; sans compter qu'elle avait connu...

Leurs larmes chantent, parfois -Il était nous...

Jacqueline Wautier
"      Je la regarde  qui attend, les yeux grand ouverts sur quelque songe miraculeusement préservé. La lumière écrase les ombres sur ses cheveux blonds et ça me prend par surprise pour la centième fois. Tout est froid ici, déserté ; pas assez pourtant pour éteindre son sourire. Un sourire à éclabousser les étoiles… Comme le sien, avant.  Avant qui me ramène  à elle pour qui  je ...

Leurs larmes chantent, parfois -Dingue, bringue!

Jacqueline Wautier
" Une chance de cocue ! Cocue pendue… Merde alors ? En attendant, tout est renversé mélangé. Il devait être minuit, minuit trente –enfin, je crois. J'étais loin de la ville –ça, c'est sûr. Et plus ou moins déconnectée. La route traçait entre des à-côtés sucrés glacés : quelques mottes explosant leurs pépites dans la lumière des phares –danger du gel, danger de la nuit. Je me...

Leurs larmes chantent, parfois -Tangente, le fantôme de la tasse

Jacqueline Wautier
" Dimanche, 17 heures Demain c'est lundi. C'est surtout boulot : se lever, se forcer. Et s'arranger la façade à grands coups de fard à jouer faux –ça occupe. C'est chiant mais ça occupe, mémoire émiettée au flou du miroir : des ombres, des éclats, quelques résonances aux reflets. Je suis complètement accro à...

Leurs larmes chantent, parfois -Climat

Jacqueline Wautier
" 01 Août… Tout commença avec l'automne ; un automne meurtrier, au printemps. De hoquets en vomis, d'un fleuve à l'envers où eau et grêle se mêlaient. Car avril crachait des jours plombés, brouillard à couper au couteau et petits matins givrés perdus dans un flou obscur où s'engouffraient un à un tous les sanglots du...

A livre ouvert, In "Leurs larmes chantent, parfois".

Jacqueline Wautier
" La pluie frappe contre les vitres, une pluie d'hiver. Trainées éclatées, prismes changeants… Elle suit les arabesques en apnée, a mal à la tête : mal sa vie, mal son cœur –mal dormi ! Il fait sombre dehors, froid sûrement, et personne ne l'attend : personne d'important, personne qui tremble à ses retards, à ses silences, à ses soupirs. Elle possède pourtant cette beauté rare qui attire les regards sans...

Là où tu iras j’irai

Marie Vareille
Là où tu iras j'irai
Quentin ? Des enfants ? Il avait évoqué le sujet à quelques reprises, mais jamais Isabelle n'avait pensé qu'il était sérieux. Mal à l'aise, elle tira de nouveau sur le joint. – On n'en est pas là de toute façon. – Ça fait combien de temps que vous êtes ensemble ? Cinq ans ? – Mais non… Ça fait… (Isabelle calcula sur ses doigts.) Ah oui, cinq ans, réalisa-t-elle, surprise. – Crois-moi, c'est le genre de conversation...

Songe-monde au monde frange -Je suis de mots

Jacqueline Wautier
Songe-Monde au Monde Frange
" Je suis de mots ! Papiers calqués un peu brouillons Papier de cris ou d'arts maudits… Je suis de...

Songe-monde au monde frange -Trousse-chemise

Jacqueline Wautier
Songe-Monde au Monde Frange
" A trousse-chemise… Quand revient l'esté, A trousse chemise, A bouche que veux-tu, Au bois enfin prise, Mon amant exquis, Je goute sans nul doute au menu. Quand revient l'esté, Si loin des Églises, Sans vice ni vertu, A ton feu, ta guise, Mon galant ami, Je n'ai guère de cris retenus. Quand revient l'esté, Par devant derrière, Sans...

Songe-monde au monde frange -Au rien, quelque chose...

Jacqueline Wautier
Songe-Monde au Monde Frange
" Au rien, quelque chose ! Et l'or amaurose de l'aube prend la pose Instant suspendu des métamorphoses Temps distendu d'un ciel flou d'ecchymoses – La vie s'essaie là aux anamorphoses (...) ", page 8.

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