Les liens entre littérature et cinéma ont toujurs été puissants. Pendant ce 79e Festival de Cannes qui se tient du 12 au 23 mai 2026, de nombreux films poursuivent cette liaison fructueuse. Soit qu'il s'agisse d'adaptations comme dans le cas de Toutes nuits, les amants ( livre de Mieko Kawakami, film de Yukiko Sode ), voire d'autoadaptations comme Le cas David Zimmerman de Lucas Harari et Arthur Harari, dont le film est réalisé par Arthur Harari lui-même ( scénariste d'Anatomie d'une chute, Palme d'or en 2023 ). Soit qu'il s'agisse de l'évocation d'un écrivain comme celle de Thomas Mann dans Fatherland de Pawel Pawlikowski, ou de Federico Garcia Lorca dans La Bola negra de Javier Ambrossi et Javier Calvo. Fascinants jeux de miroirs... Découvrez les livres et les auteurs qui ont inspiré les films de la sélection 2026 du Festival.
Les liens entre littérature et cinéma ont toujurs été puissants. Pendant ce 79e Festival de Cannes qui se tient du 12 au 23 mai 2026, de nombreux films poursuivent cette liaison fructueuse. Soit qu'il s'agisse d'adaptations comme dans le cas de Toutes nuits, les amants ( livre de Mieko Kawakami, film de Yukiko Sode ), voire d'autoadaptations comme Le cas David Zimmerman de Lucas Harari et Arthur Harari, dont le film est réalisé par Arthur Harari lui-même ( scénariste d'Anatomie d'une chute, Palme d'or en 2023 ). Soit qu'il s'agisse de l'évocation d'un écrivain comme celle de Thomas Mann dans Fatherland de Pawel Pawlikowski, ou de Federico Garcia Lorca dans La Bola negra de Javier Ambrossi et Javier Calvo. Fascinants jeux de miroirs... Découvrez les livres et les auteurs qui ont inspiré les films de la sélection 2026 du Festival.

Photo extraite de Fatherland de Pawel Pawlikowski avec Sandra Hüller, Hanns Zischler, August Diehl
Le film : En 1949, Thomas Mann, lauréat du prix Nobel de littérature, retourne pour la première fois en Allemagne depuis la fin de la guerre, accompagné de sa fille Erika, actrice, écrivain et pilote de rallye. Au volant d’une Buick noire, ils entreprennent un voyage éprouvant dans un pays qu’ils ont fui, seize ans plus tôt, lors de la prise de pouvoir du parti nazi. De Francfort, sous domination américaine, jusqu’à Weimar, contrôlée par les Soviétiques, père et fille traversent une Allemagne en ruines, coupée en deux par la guerre froide. Après Ida et Cold War, Pawel Pawlikowski continue d’explorer les bouleversements moraux d’une Europe de l’après-guerre, à travers les thèmes de l’identité, de la culpabilité, de la famille et de l’amour. Et pour cela, rien de plus puissant que la figure d'un écrivain dont le regard porte le constat de cet inventaire post-guerre. Profond et porteur de sens. Film en compétition.

Photo extraite de La Bola negra de Javier Ambrossi et Javier Calvo avec Guitarricadelafuente
Le film : Espagne 1932, 1937, 2017. Trois hommes. Trois époques. Un même fil invisible de désir, de douleur et d’héritage. La Bola negra traverse le temps pour révéler ce qui les unit. Le film s’inspire d’un projet de roman de Federico García Lorca, resté inachevé - l’auteur n’en ayant rédigé que quelques pages avant son assassinat - tout en intégrant des éléments de la pièce La piedra oscura du dramaturge contemporain Alberto Conejero. L'ombre du poète nourrit ce film qui parle aussi de liberté et de création. Par les temps actuels, un engagement salvateur. Film encompétition.

Résumé du livre : Décidément c'est l'année Mauvignier. Après le Goncourt, une adaptation !
Il ne reste presque plus rien à La Bassée : un bourg et quelques hameaux, dont celui qu’occupent Bergogne, sa femme Marion et leur fille Ida, ainsi qu’une voisine, Christine, une artiste installée ici depuis des années. On s’active, on se prépare pour l’anniversaire de Marion, dont on va fêter les quarante ans. Mais alors que la fête se profile, des inconnus rôdent autour du hameau.
Le film : Réalisé par Léa Mysius. Présenté en compétition.
Nora, Thomas et leur fille Ida vivent dans une ferme isolée avec pour seule voisine, Cristina, une peintre italienne. Alors que tout le monde prépare une soirée d’anniversaire surprise pour Nora, trois hommes rôdent autour de la maison et s’invitent à la fête, faisant surgir des secrets bien gardés…
Résumé du livre : Paris, de nos jours. David Zimmerman, la trentaine, n'en finit pas de rester au bord de sa vie. Il est photographe mais presque personne ne le sait, cantonné aux mariages et Bar-Mitzvah. Ce soir de 31 décembre, il se laisse embarquer dans une grosse fête par son unique ami Harry, aussi exubérant que lui est asocial. Au milieu de la foule, son regard est aimanté par celui d'une jeune femme brune énigmatique, qu'il ne peut s'empêcher de suivre... Au coeur de la nuit sa vie bascule. David se réveille... dans le corps de l'inconnue. Prix les Inrockuptibles de la bande dessinée en 2025.
Le film : Le film éponyme est réalisé par Arthur Harari. Mari de Justine Triet, il avait été le co-scénariste avec sa femme d'Anatomie d'une chute, Palme d'or en 2023. Présenté en compétition.
David Zimmerman a bientôt 40 ans, il est photographe mais personne ne le sait. Alors qu’il ne sort presque jamais de chez lui, des amis le traînent dans une fête insensée. Il y repère une femme dans la foule, ne peut en détacher le regard, la suit…. Quelques heures plus tard, David se réveille : il est dans le corps de l’inconnue... Arthur Harari s'attache à décomposer ce temps qui a échappé à son héros. L' anatomie d'un trou noir... Film en compétition.
Résumé du livre : «J'ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement, jusqu'à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans. Quelque chose s'était cassé dans mon moteur. Et comme je n'avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C'était pour moi une question de vie ou de mort. J'avais à peine de l'eau à boire pour huit jours. Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait : ...»
Résumé du livre : De Gaulle. S’appuyant sur une très large masse d’archives, Julian Jackson explore ici toutes les dimensions du mystère de Gaulle, sans chercher à lui donner une excessive cohérence. Personne n’avait décrit ses paradoxes et ses ambiguïtés, son talent politique et son pragmatisme avec autant d’acuité et d’esprit. Des citations éblouissantes d’intelligence, de drôlerie, de méchanceté parfois, restituent la parole de De Gaulle mais aussi les commentaires de tous ceux qui ont appris à le connaître, à se méfier de lui ou à s’exaspérer de son tempérament de feu.Juin 1940. La France s’effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s’échappe vers Londres pour sauver ce qu’il reste d’un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n’a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n’est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l’ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l’Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.
Résumé du livre :« Quelquefois, en coiffant mes maîtresses, j'ai eu l'envie folle de leur déchirer la nuque, de leur fouiller les seins avec mes ongles... » En rapportant ses humiliations et ses révoltes, Célestine raconte la France des années 1900. Octave Mirbeau prête au personnage de la domestique sa rage et son verbe vengeur pour dénoncer la violence des rapports sociaux, le poids de l'Église, l'antisémitisme. Descendant des Vikings, bouffeur de curés et de banquiers, il associe les élites du temps aux pires perversions sexuelles dont Célestine est à la fois la victime et le témoin lucide. La fresque vire parfois au grotesque avec une force hallucinée qui inspirera les cinéastes. À cette narratrice déchaînée, Jean Renoir, Luis Buñuel et Benoit Jacquot donneront successivement le visage de Paulette Goddard, Jeanne Moreau et Léa Seydoux.
Résumé du livre : Une guerre a lieu en Europe et les œuvres d'art sont rapatriées au Japon pour être préservées. Une pléiade de personnages se réunissent ou se croisent dans un musée : d'un côté des étudiants qui se posent la question du pourquoi de l'éclairage si particulier dans les tableaux de Vermeer et de l'autre côté, une famille qui se réunit une fois par an et parle de la guerre, de l'engagement.

Dans les années 1920, Klara hérite d'un joli bois au bord d'un lac, un petit paradis près de Berlin-Est. En 2000, Jenny Erpenbeck enquête sur le destin des personnes qui s'y sont installées à partir de 1930, et parmi elles ses grands-parents. Ainsi, par petites touches puissantes et poétiques, la vie de douze personnes est relatée. Car au cours de l'Histoire, le bois de Klara devient le théâtre d'exodes et de retraites, tour à tour abri et cachette, jusqu'à devenir un enjeu commercial important après la chute du mur.
Le film : Le Bois de Klara est un drame historique franco-allemand réalisé par Volker Schlöndorff. Au cœur du film Le Bois de Klara se trouve un lieu : une maison au bord d’un lac près de Berlin, où vivent trois familles, des années 1930 jusqu’à la chute du Mur. La famille juive est contrainte de vendre sa maison. Un architecte y construit une maison de style Bauhaus et, après la guerre, tente de réaliser à Berlin-Est ce qui lui avait été refusé sous le régime nazi : participer enfin aux grands projets de construction de la RDA. Après la fuite de l’architecte à l’Ouest, la maison devient le refuge d’un couple d’écrivains de retour de leur exil soviétique. Le Bois de Klara raconte l’histoire de douze personnes qui rêvent d’un foyer. Mais l’histoire du monde n’épargne pas leur petit coin de paradis. La maison demeure indifférente aux passions et au destin de ses habitants. Le réalisateur du Tambour revient sur les traces de l'Allemagne nazie et la mémoire du vivre après. Film présenté à Cannes Première.

Résumé du livre : « J’ai voulu l’oublier cette fille. L’oublier vraiment, c’est-à-dire ne plus avoir envie d’écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n’y suis jamais parvenue. »
Annie Ernaux replonge dans l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S dans l’Orne. Nuit dont l’onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années. S’appuyant sur des images indélébiles de sa mémoire, des photos et des lettres écrites à ses amies, elle interroge cette fille qu’elle a été dans un va-et-vient entre hier et aujourd’hui.
Le film : Réalisé par Judith Godrèche, ce film est présenté dans Un certain regard.
Annie Ernaux est sollicitée pour une signature de son dernier ouvrage dans la ville de son enfance, Rouen. Alors qu’elle s’y rend, elle est prise d’un vertige et replonge dans le souvenir de l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme. Nuit, dont l’onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur le reste de son existence.
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