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La nouvelle vogue des lectures publiques

Les lectures publiques, qui ont la cote depuis quelques années déjà, n’ont jamais été aussi présentes qu’en cette fin 2011. Nouveau visage du livre et de l’auteur, elles sont un moyen vibrant de s’imprégner d’un roman ou d’une nouvelle, vivre des mémoires ou une biographie, se laisser porter par un poème, une correspondance. Elles permettent de pénétrer dans un univers inconnu dont on n’aurait peut-être jamais soupçonné l’existence si l’oreille n’avait pas été tendue. (illustration: détail de la Lecture de la tragédie "L'Orphelin de la Chine" de Voltaire dans le salon de Madame de Geoffrin, peinture de Lemonnier, 1815)

Moteur, silence, on lit !

« La voix est l'un des meilleurs moyens de faire connaître et redécouvrir les textes », confie Pierre Jourde, critique et écrivain français, sur le site du festival Livres en Tête (du 16 au 19 novembre, à Paris). En effet, assister à une séance de lecture à haute voix, c’est accepter de se laisser surprendre. Surprendre par le timbre et les nuances de celui ou celle qui nous invite au voyage ; par le récit qui s’anime et occupe tout l’espace qui nous entoure ; par les auditeurs, leurs expressions et émotions qui, le temps de quelques paragraphes, se joignent aux nôtres. Un vrai dépaysement lorsqu’on est habitué à parcourir un ouvrage en solo. Ecouter l’extrait d’un livre, c’est aussi commencer à l’apprécier ou pas, décider d’arrêter là ou de continuer l’aventure, faire une découverte littéraire. C’est aussi l’occasion d’en parler, de partager et parfois de discuter avec un nouvel écrivain ou bien un autre de renom. A recommander à tous les grands amateurs de littérature comme aux lecteurs en herbe.

 

Il était une fois…

Issues de la culture populaire, ces lectures se sont tout d’abord manifestées au cours de veillées. On s’asseyait volontiers pour écouter les poètes, les conteurs ou les anciens relater à la fois légendes, fables ou faits divers. Plus tard, elles ont également pris place au sein de salons littéraires plus élitistes et clubs bourgeois, où écrivains et aristocrates se rencontraient pour lire et converser.

Au XIXe siècle, l’Etat, voyant en la lecture publique un moyen efficace d’instruire les classes les plus modestes, a entrepris l’établissement de bibliothèques populaires – grands-mères de nos actuelles bibliothèques publiques. On y a instauré des séances collectives au cours desquelles auteurs, professeurs et « gens de lettres » ont initié leurs auditeurs à la littérature française. Elles se sont développées notamment au sein de la classe ouvrière où les lectures publiques du soir étaient très appréciées.

De nos jours, l’objectif pédagogique de ces lectures a peu à peu laissé la place au plaisir de lire et d’écouter lire, et elles sont peu à peu devenues la scène de rencontres sociales et de divertissement.

La lecture à voix haute est une nouvelle manifestation artistique de la littérature de l’ordre du loisir collectif, de l’échange et de la communication. Elle est aussi un outil de promotion, car elle permet aux auteurs de se faire connaître et aux lecteurs de découvrir une œuvre dont ils n’ont peut-être pas entendu parler.

 

Où ça se passe ?

Un peu partout. On les retrouve dans des bibliothèques publiques et privées où elles s’adressent à un public de tout âge, mais aussi dans les centres culturels municipaux ou régionaux, qui en sont friands. Elles sont parfois à l’honneur lors des séances de dédicace organisées par les librairies ou maisons d’édition – sites privilégiés de rencontre avec les auteurs. Certaines d’entre elles disposent du programme des signatures en ligne comme les Librairies de l’Est Parisien, le groupement de libraires Initiales, les éditeurs Grasset et Gallimard, la Fnac et beaucoup d’autres.

Certaines associations spécialisées dans la lecture à voix haute telles que les Livreurs, les Mots Parleurs ou encore La Voie des Livres organisent régulièrement ce type de rendez-vous dans un cadre souvent chaleureux et ludique. Parfois, les « liseurs » sont même accompagnés d’un ou plusieurs musiciens dont les mélodies viennent enrichir le rythme du récit.

Pour les férus de littérature anglo-saxonne, l’American Center for the Arts, un nouveau centre culturel franco-américain, organise fréquemment des lectures en français et en anglais d’auteurs américains. Sans oublier la fameuse librairie Shakespeare and Compagnie, dont les lectures remontent à sa création dans les années 20 – elle a été fréquentée par de nombreux écrivains, dont Ernest Hemingway .

Enfin, les festivals et salons à l’honneur cet automne accueilleront lecteurs, écrivains, orateurs et auditeurs de tous horizons pour participer, entre autre, à un programme varié de lectures collectives. A ne pas manquer : Les Lettres d’Automne (à Montauban du 21 novembre au 14 décembre) et le Festival Livres en Tête (du 16 au 19 novembre à Paris).

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