Barbara Kingsolver a reçu le prix Pultizer en 2024 pour son livre « On m’appelle Demon Copperhead » (Albin Michel puis Le Livre de Poche), qui propose une réinterprétation du «David Copperfield » de Charles Dickens dans l'Amérique contemporaine. Un livre remarquable, qui nous plonge dans cette autre Amérique, pauvre et sans avenir, qui a bouleversé Jean Glavany.
Lu « On m’appelle Demon Copperhead » de Barbara Kingsolver en livre de poche, Prix Pulitzer et Prix des lecteurs 2025 dans une traduction de Martine Aubert. Un pavé de 850 pages, qui plus est en petits caractères ce qui fatigue vite les yeux…..
Barbara Kingsolver est une autrice américaine contemporaine ( elle est née en 1955 à Annapolis, l’avant-port de Washington au fond de la Chesapeake bay ).
Ce livre lui a valu plusieurs prix et un joli succès.
Une nouvelle version de David Copperfield
Ce long récit de l’histoire d’un jeune homme est une suite, ou plutôt une nouvelle version, du David Copperfield de Charles Dickens, une plongée dans les USA profonds, minés par la pauvreté, les injustices et la drogue : Demon, né à -même le sol d’un mobil-home au fin fond des Appalaches d’une mère toxico et d’un père très vite décédé, va errer de service social défaillant en service social défaillant, de famille d’accueil véreuse en famille d’accueil véreuse, de tribunal pour enfants en tribunal pour enfants. On croit un moment qu’il va s’en sortir quand il découvre le sport au collège et devient un véritable espoir du football américain. Las, une vilaine blessure au genou qu’il refuse de faire opérer, lui fait découvrir les opiacés. Il devient toxicomane, lié familialement, amicalement ou amoureusement à des toxicomanes…Tombant, se relevant, retombant dix fois, cent fois, mais se relevant toujours, Demon fait preuve d’un instinct de survie étonnant et attachant.
Le récit d'une longue errance
Le récit de cette longue errance donne une œuvre littéraire où tous les moments vécus, les personnages mis en scène ou les environnements sont décrits avec des détails très fouillés ce qui donne parfois, souvent, des longueurs mais, en même temps, construit une ambiance lourde voire pénible, réaliste, hyper-réaliste. C’est un vrai défi que de s’attaquer à ce monument « physique « de la littérature américaine contemporaine mais ce long voyage est édifiant.
Le mot de l'éditeur
« Déjà, je me suis mis au monde tout seul. Ils étaient trois ou quatre à assister à l’événement, et ils m’ont toujours accordé une chose : c’est moi qui ai dû me taper le plus dur, vu que ma mère était, disons, hors du coup. » Demon Copperhead
Né à même le sol d’un mobil-home au fin fond des Appalaches d’une jeune toxicomane et d’un père trop tôt disparu, Demon Copperhead est le digne héritier d’un célèbre personnage de Charles Dickens. De services sociaux défaillants en familles d’accueil véreuses, de tribunaux pour mineurs au cercle infernal de l’addiction, le garçon va être confronté aux pires épreuves et au mépris de la société à l’égard des plus démunis. Pourtant, à chacune des étapes de sa tragique épopée, c’est son instinct de survie qui triomphe. Demon saura-t-il devenir le héros de sa propre existence ? Comment ne pas être attendri, secoué, bouleversé par la gouaille, lucide et désespérée, de ce David Copperfield des temps modernes ? S’il raconte sans fard une Amérique ravagée par les inégalités, l’ignorance, et les opioïdes – dont les premières victimes sont les enfants –, le roman de Barbara Kingsolver lui redonne toute son humanité. L’auteur de L’Arbre aux haricots et des Yeux dans les arbres signe là un de ses romans les plus forts, couronné par le prestigieux prix Pulitzer et le Women’s prize for fiction.
>« On m’appelle Demon Copperhead » de Barbara Kingsolver. Le Livre de Poche ( Albin Michel édition originlae). Traduction Martine Aubert. 850 pages. 11,40 euros
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Jean Glavany a été chef de cabinet du Président de la République François Mitterrand, secrétaire d’Etat dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche dans le gouvernement de Lionel Jospin. Élu maire de Maubourguet en 1989, il fut député des Hautes Pyrénées pendant 24 ans. Il est aujourd’hui enseignant à Sciences Po Paris, Président de l’Institut François Mitterrand, et Secrétaire de la Fondation de l’Institut du Cerveau. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont « La Laïcité, un combat pour la paix » (Éditions Héloïse d’Ormesson) et « 3000 ans après Ulysse » (éditions Edisens).