Histoire de la pensée

Rencontre avec Jean-Jacques Bedu : « Dans "L’Odyssée du savoir", j'ai voulu remonter aux sources de la connaissance et tordre le cou aux fausses croyances »

Jean-Jacques Bedu est un puits de connaissances, un géant de culture, une bibliothèque à lui tout seul, qui aurait pu dialoguer avec celle d'Umberto Eco. Auteur de nombreux essais, qui font autorité, parmi lesquels Les Initiés (Robert Laffont), il s'est lancé  dans une oeuvre monumentale, « L'Odyssée du savoir » (Editions du Cerf). Un travail remarquable, dont le premier tome vient de paraître, qui part des origines de l'Humanité et va jusqu'à l'Antiquité. Jean-Jacques Bedu répond à nos questions. 

Portrait de Jean-Jacques Bedu. DR Portrait de Jean-Jacques Bedu. DR

Jean-Jacques Bedu est un puits de connaissances, un géant de culture, une bibliothèque à lui tout seul qui aurait pu dialoguer avec celle d'Umberto Eco. Essayiste et biographe, lauréat de plusieurs prix littéraires, il est l’auteur de nombreux ouvrages qui font autorité, parmi lesquels Les Initiés (Robert Laffont). Aimant partager ce savoir et créer du lien entre personnes de bonne intelligence, il a aussi fondé le site Internet et le prix littéraire Mare Nostrum, consacrés à la littérature méditerranéenne. Mais son grand œuvre, son projet majeur concerne une « Odyssée du savoir ». Un travail monumental dont le premier tome vient de paraître qui part des origines de l'Humanité et va jusqu'à l'Antiquité.

Une fresque historique autant qu'analytique

Fresque historique autant qu'analytique, cette Odyssée est une somme à nulle autre pareille. Des rituels chamaniques du Paléolithique aux pyramides d’Égypte, des piliers énigmatiques de Göbekli Tepe aux cultes à mystères grecs, des mégalithes de Stonehenge au mythe de l’Atlantide, cet ouvrage qui fait déjà référence, revient aux sources de notre humanité. Comme l'auteur l'explique, alors que la croyance menace d’éclipser la connaissance, celui-ci souhaite renouer avec la vérité. Et il le prouve, par un exposé approfondi de l'histoire du savoir.

Jean-Jacques Bedu répond à nos questions afin de nous éclairer sur cette monumentale odyssée...

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© Olivia Phelip

Viabooks : Quel a été le point de départ de votre travail particulièrement exhaustif sur ce que vous appelez L'Odyssée du savoir ?

-Jean-Jacques Bedu : Le déclic, je le situe précisément en novembre 2022. Cet automne-là, Netflix lance la série Ancient Apocalypse de Graham Hancock, qui captive des dizaines de millions de spectateurs avec une thèse vieille comme le monde repeinte aux couleurs du XXIᵉ siècle : celle d'une civilisation mère, technologiquement avancée, anéantie par un cataclysme et que les « archéologues officiels » s'obstineraient à nous dissimuler. Le succès fut foudroyant, la controverse aussi.

«Aujourd'hui, jamais l'accès au savoir n'a été aussi simple, et jamais la confusion n'a été aussi grande.»


Ce phénomène m'a paru révélateur d'un paradoxe qui hante notre époque : jamais l'accès au savoir n'a été aussi simple, et jamais la confusion n'a été aussi grande. Comment expliquer cette fascination pour les « vérités alternatives », cette méfiance croissante envers les savoirs institutionnels, cette perméabilité aux grands récits complotistes qui se propagent à toute vitesse sur les autoroutes numériques ?
J'ai voulu remonter à la source. Pour comprendre l'ombre qui s'étend, il fallait revenir à la lumière qui l'engendre. L'Odyssée du Savoir est née de ce besoin : montrer que le combat qui se joue aujourd'hui sur nos écrans entre la connaissance authentique et ses contrefaçons a commencé il y a très longtemps, dans le silence des grottes ornées et au pied des premiers temples.

Votre livre remonte le temps et se fonde sur les sources de notre savoir. Dans ce premier tome vous partez des origines du monde et arrivez à l'Antiquité tardive. Quelles sont, selon vous, les étapes les plus marquantes de cette longue période ?

-J-J.B. : S'il fallait baliser ce parcours, je distinguerais sept moments clés.
D'abord, la révolution cognitive : il y a environ 70 000 ans, Homo sapiens acquiert la capacité d'inventer des fictions collectives (dieux, ancêtres, esprits) et donc de coopérer à grande échelle. C'est l'invention de l'imaginaire partagé, matrice de tout le reste.
Ensuite, l'art pariétal du Paléolithique supérieur, avec ses chamanes peintres et ses thérianthropes (le « Sorcier » des Trois-Frères, l'homme à tête d'oiseau de Lascaux). C'est la première grande liturgie visible de l'humanité.
Troisième étape, la révolution néolithique et son enfant prodige : Göbekli Tepe en Anatolie, vers 9 500 av. J.-C. Ce sanctuaire bouleverse tout : ce n'est plus l'agriculture qui a engendré le sacré, mais peut-être le sacré qui a fait naître l'agriculture, en sédentarisant les communautés autour des chantiers cultuels.
Quatrième moment, l'âge des mégalithes — Stonehenge, Carnac, les dolmens — qui témoigne d'une coordination sociale et d'une vision cosmique d'une ampleur stupéfiante.
Cinquième étape, sans doute la plus décisive, l'invention de l'écriture en Mésopotamie et en Égypte vers 3 300 av. J.-C. Comme l'a montré Jean Bottéro, l'écriture ne se contente pas de noter le monde : elle invente une nouvelle façon de le penser, de le classer, de le rationaliser. Avec elle naissent les premières grandes bibliothèques sacrées, les Maisons de Vie égyptiennes, les ziggourats mésopotamiennes.
Sixième moment, l'Âge axial théorisé par Karl Jaspers (800-200 av. J.-C.). Une concomitance saisissante : Bouddha, Confucius, Lao-Tseu, Zarathoustra, les prophètes d'Israël, les présocratiques, Socrate, Platon… Partout, sous des cieux différents, surgit une nouvelle exigence d'intériorité et d'éthique universelle.
Enfin, l'Antiquité tardive, où s'élaborent les grandes synthèses qui nourriront les millénaires suivants : gnosticisme, néoplatonisme, hermétisme alexandrin, et bien sûr l'émergence des monothéismes. C'est là, aux portes de l'Islam, que se referme ce premier tome, non par convention, mais parce que l'arrivée du Coran inaugure une configuration radicalement nouvelle du rapport au sacré.

Vous exposez le principe fondateur qu'est l'opposition ontologique entre croyance et connaissance. Pouvez-vous nous expliquer la différence fondamentale entre les deux démarches ?

-J-J.B. : La différence tient moins à l'objet qu'à l'esprit qui anime la démarche. La connaissance authentique – qu'elle soit scientifique, philosophique ou spirituelle – s'inscrit dans l'humilité et dans l'exigence. Elle accepte les zones d'ombre, respecte la complexité du réel, se nourrit de discipline intérieure et de méthode. Elle progresse à pas comptés, par hypothèses, vérifications, réfutations.

       «La croyance fausse flatte l'imaginaire par des raccourcis séduisants.»


La croyance fausse, à l'inverse, flatte l'imaginaire par des raccourcis séduisants. Elle prétend révéler d'un coup de fabuleux « secrets » sans effort ni rigueur. Elle préfère une explication grandiose à une cause modeste : un atlante plutôt qu'un tailleur de pierre, un extraterrestre plutôt qu'un ingénieur du Bronze.
Daniel Kahneman a parfaitement décrit ce mécanisme avec ses deux systèmes de pensée : un Système 1 rapide, intuitif, émotionnel, qui adore les belles histoires, fussent-elles fausses ; un Système 2 lent, logique, exigeant, que notre cerveau économise aussi souvent qu'il le peut. Les pseudo-savoirs s'adressent au premier ; la science exige le second. Croire est donc plus facile que comprendre. Et l'esprit critique n'est pas un luxe intellectuel : c'est un outil de libération.

En même temps, vous montrez que l'imagination vient toujours comme une clé qui ouvre le champ des recherches et donc des connaissances. L'humanité a fonctionné par entrelacements entre des visions irrationnelles et des savoirs objectivés. Pouvez-vous nous expliquer cette ambivalence ?

-J-J.B. : C'est l'un des paradoxes les plus féconds de l'aventure humaine. L'imagination n'est pas l'ennemie de la connaissance : elle en est souvent la matrice. Sans la capacité de « rêver ensemble », de transmettre des informations sur des choses qui n'existent pas – comme l'a magnifiquement formulé Yuval Noah Harari –, jamais nous n'aurions construit de cités, de panthéons, de systèmes du monde.
L'astronome qui observe les étoiles a commencé par les peupler de dieux. L'alchimiste qui rêvait de transmuter le plomb en or a inventé la chimie. Kepler cherchait l'harmonie pythagoricienne des sphères et a trouvé les ellipses planétaires.

   «L'esprit critique n'est pas un luxe intellectuel : c'est un outil de libération.»

 

Le mythe ouvre une question, le savoir tente d'y répondre. La vision irrationnelle pose un horizon, la méthode l'arpente. Le danger ne vient pas de l'imagination ; il vient de la confusion des plans. Quand on prend la métaphore pour la chose, le symbole pour le fait, le récit poétique pour le procès-verbal, on glisse de la sagesse vers la superstition.

Vous évoquez longuement les racines des sagesses anciennes, y compris le chamanisme qui, bien que ne se fondant pas sur une démarche objective, rentrent bien dans le champ d'un « savoir ». Pouvez-vous nous éclairer ?

-J-J.B. : Le chamane paléolithique n'était pas un charlatan : c'était un dépositaire de savoirs cruciaux pour la survie de son groupe : pharmacopée, cartographie mentale du territoire, gestion des conflits, accompagnement du deuil, transmission des récits fondateurs. Lynne Kelly a magnifiquement étudié ces « technologies mnémoniques » que développent les sociétés orales : lignes de chant, mythes liés au paysage, sites cérémoniels à accès restreint. Tout cela constitue un véritable corpus, structuré, transmis, validé par l'expérience collective.

«Le chamane paléolithique n'était pas un charlatan : c'était un dépositaire de savoirs cruciaux pour la survie de son groupe. »


Le « secret » paléolithique, je crois, ne résidait pas dans une doctrine cachée, mais dans l'accès à certaines expériences et fonctions rituelles ; une forme primitive de savoir réservé.
Le chamanisme nous rappelle ainsi que l'humanité a toujours su que connaître ne se limite pas à mesurer. Il y a un savoir des plantes, un savoir des étoiles, un savoir du deuil, un savoir des rêves. La modernité a tendance à oublier cette polyphonie. La revisiter sans naïveté ni mépris, c'est retrouver une humilité salutaire.

Quelle place tient le sacré dans cette longue évolution ?

-J-J.B. : Le sacré est le fil rouge de cette odyssée. Il en est même, je dirais, le moteur secret.
Bien avant les religions structurées, l'esprit humain est équipé de ce que les sciences cognitives appellent le Dispositif Hyperactif de Détection d'Agents : nous voyons spontanément de l'intentionnalité partout, dans le bruissement des feuilles comme dans la course des nuages. Combiné à notre capacité d'attribuer des pensées et des désirs à autrui, ce biais a fait de nous une espèce naturellement portée à dialoguer avec l'invisible.

«Le sacré, une dimension structurelle de l'expérience humaine, qui se métamorphose mais ne s'efface jamais.»


Le sacré change ensuite d'échelle avec les premières grandes cités : l'apparition de divinités omniscientes et soucieuses de morale coïncide avec l'essor des sociétés complexes. Ces « grands dieux moralistes » jouent un rôle inattendu : leur œil divin permanent permet la confiance et la coopération entre des milliers d'étrangers. Sans eux, pas d'empires, pas de cathédrales, pas de civilisations à grande échelle.
Le sacré, une dimension structurelle de l'expérience humaine, qui se métamorphose mais ne s'efface jamais. Aujourd'hui encore, à l'âge du smartphone, nos contemporains continuent de chercher des transcendances : qu'elles s'appellent New Age, écologie profonde ou même certains cultes technologiques autour de l'IA.

Et quid de la construction du récit, comme moyen de construction des mythes ?

-J-J.B. : Le travail récent le plus saisissant est, à mon sens, celui de Jean-Loïc Le Quellec dans La caverne originelle. En appliquant aux mythes les outils de la phylogénétique – l'aréologie qui cartographie leur diffusion, la phylomémétique qui reconstitue leur arbre généalogique –, il a montré qu'un même récit, celui de « l'Émergence primordiale », est attesté sur tous les continents et suit les routes mêmes de la sortie d'Afrique d'Homo sapiens. Autrement dit, ce mythe voyageait déjà dans les bagages de nos ancêtres avant qu'ils ne quittent le berceau africain.

        «Le récit n'habille pas la pensée : il la précède et la rend possible.»


Vertige philosophique : l'Allégorie de la caverne de Platon, cette opposition entre dedans obscur et dehors lumineux comme métaphore de la connaissance, plonge peut-être ses racines dans ce très ancien récit des origines. La pensée occidentale la plus sophistiquée serait alors fille d'un mythe préhistorique. Le récit n'habille pas la pensée : il la précède et la rend possible.

Dans votre chapitre La symphonie des sages, vous évoquez les grandes figures emblématiques tels Bouddha ou Socrate. Pouvez-vous nous les présenter et nous expliquer en quoi ces personnalités ont été déterminantes dans l'évolution des savoirs ?

-J-J.B. : Bouddha et Socrate sont deux phares quasi contemporains qui éclairent encore notre marche. L'un en Inde au VIᵉ siècle av. J.-C., l'autre en Grèce au Vᵉ. Tous deux refusent d'écrire : leurs paroles ne nous parviennent que par leurs disciples. Tous deux préfèrent le dialogue vivant à la doctrine figée. Et tous deux meurent avec une sérénité exemplaire qui a bouleversé leurs contemporains.
Leur convergence philosophique est saisissante : ils placent l'ignorance à la racine du mal. Pour Socrate, « nul n'est méchant volontairement » ; qui connaît vraiment le Bien agit bien. Pour Bouddha, l'ignorance est la cause première de la souffrance : ne pas voir la nature impermanente du moi et du monde, c'est s'attacher à des illusions et engendrer du mal-être. L'un comme l'autre proposent une thérapie de l'âme par la prise de conscience. Le « Connais-toi toi-même » socratique fait écho, étrangement, à la quête méditative bouddhique.

«Bouddha et Socrate sont deux phares quasi contemporains qui éclairent encore notre marche.»


Mais leur héritage diffère radicalement. Socrate engendre l'Académie, Aristote, la philosophie occidentale, la rationalité critique. Bouddha donne naissance au Sangha, à une religion mondiale, à une civilisation entière. Là où la Grèce valorisera le débat public, l'Inde valorisera le renoncement intérieur.
Ces sages – auxquels j'ajouterais Confucius, Lao-Tseu, Zarathoustra, Héraclite, les prophètes d'Israël – partagent un trait décisif : ils déplacent le centre de gravité de la spiritualité. Avant eux, le sacré passait par le rituel collectif, le sacrifice, le temple, le prêtre. Après eux, il passe par la conscience individuelle, l'examen de soi, la voie intérieure. C'est une révolution copernicienne avant l'heure : le sujet humain devient le lieu même de la quête. Toute notre modernité, qu'elle le sache ou non, marche encore dans leurs pas.

Quels seront les découpages temporels abordés dans vos prochains tomes en préparation ?

Le tome II s'aventurera à travers le Moyen Âge et la Renaissance, deux périodes de bouleversements profonds où les courants ésotériques anciens se métamorphosent et refleurissent sous de nouveaux visages. On y verra l'extraordinaire travail de transmission opéré par le monde islamique -, la naissance de la Kabbale en Provence et en Espagne, l'alchimie des laboratoires médiévaux, puis, à la Renaissance, la redécouverte du Corpus Hermeticum par Marsile Ficin, la magie naturelle de Paracelse, les visions de John Dee.
Le tome III abordera la modernité et le New Age : les Lumières et leur revers occultiste (illuminisme, martinisme, premières franc-maçonneries spéculatives), le grand renouveau ésotérique du XIXᵉ siècle (Blavatsky, Steiner, la théosophie), la nébuleuse contemporaine du New Age, et l'irruption récente des pseudo-archéologies à l'âge numérique. C'est là que nous boucleront la boucle, en revenant à notre époque et à ses propres mythes — de Roswell aux anciens astronautes, des cristaux énergétiques aux algorithmes prophétiques.
Une trilogie, donc, conçue comme un seul mouvement : remonter aux sources pour mieux comprendre où nous en sommes.

Aujourd'hui, l'intelligence artificielle représente-telle une disruption profonde dans l'évolution du savoir ou une étape comme une autre ?

Les deux à la fois, et c'est ce qui la rend si troublante.
Une étape comme une autre, parce que l'histoire du savoir est jalonnée de telles révolutions. L'écriture déjà, dans le Phèdre de Platon, suscitait l'inquiétude du roi Thamous : elle « produira l'oubli dans les âmes en leur faisant négliger la mémoire ». L'imprimerie, au XVᵉ siècle, fit craindre à l'abbé Trithème l'abrutissement des moines copistes. La radio, la télévision, Internet — chaque grande mutation cognitive a suscité sa panique morale, et chacune a effectivement transformé l'esprit humain, pour le meilleur et pour le pire.
Mais l'IA est aussi une disruption d'un genre nouveau. Là où Google nous incitait à ne plus retenir, ChatGPT nous incite à ne plus formuler. Nous ne déléguons plus seulement la mémoire de nos savoirs : nous déléguons la fabrication même de nos idées. Et la vitesse du phénomène est inédite. Il a fallu soixante-quinze ans au téléphone pour atteindre la moitié des foyers américains ; ChatGPT a conquis cent millions d'utilisateurs en deux mois. Aucune extension de l'esprit ne s'était jamais invitée aussi vite dans nos vies.
Les premières études pointent un risque réel d'« atrophie cognitive induite par l'IA ». Si l'outil mâche la moindre interrogation, comment l'élève apprendra-t-il à penser par lui-même ? Si le programme trouve les mots à la place de l'apprenti écrivain, comment celui-ci découvrira-t-il sa voix ?

« Comme l'écriture en son temps, comme l'imprimerie, l'IA peut être ce que nous en  ferons » 

 

Pourtant, je ne crois pas à la fatalité. Comme l'écriture en son temps, comme l'imprimerie, l'IA peut être ce que nous en ferons. La posture juste, je crois, est celle de l'« adjacence » : la traiter ni comme une rivale, ni comme une maîtresse, mais comme une alliée de pensée, à nos côtés et non à notre place. Le défi de notre génération est d'apprendre à danser avec ce nouveau partenaire sans perdre notre propre rythme.
Et puis, pour finir sur une note d'ironie historique : c'est précisément l'IA qui aide aujourd'hui les égyptologues à déchiffrer les hiéroglyphes du Ouadi el-Jarf et à démentir les fantasmes d'extraterrestres bâtisseurs de pyramides.
La même technologie qui pourrait nous abêtir nous donne aussi des outils inouïs pour mieux comprendre notre passé. Tout dépendra, comme toujours, de l'usage que nous en ferons et donc, d'abord, de la qualité de notre esprit critique.
C'est précisément pour armer cet esprit critique que j'ai entrepris cette Odyssée.

> « L’Odyssée du savoir. Vraies sagesses et fausses croyances », tome 1 de Jean-Jacques Bedu, Editions du Cerf, 704 pages, 22,90 euros >> Lien pour acheter le livre

>Lire aussi notre article sur le site Mare Nostrum

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