Presque ensemble (Littérature française)

  • Année de publication : 2017
  • Chez :
  • Genres :
    Biographie
    Littérature étrangère
    Théâtre
    Poésie
  • Nombre de page : 233 pages
  • Prix éditeur : 13,99
  • ISBN : B01MQQTYJL
  • Source : Amazon

Résumé

Tout commence le 12 juillet 1998. En pleine finale France-Brésil, Victoire et Nicolas se rencontrent dans un bar à Paris. Ces deux révoltés placides deviennent inséparables et se lancent dans la vie de couple. Mais loin de la passion rêvée, nos héros se retrouvent embarqués dans une odyssée domestique désespérément tranquille...
L'arrivée de Ptolémée, le chat, leur procure un temps le paradis tant souhaité. Mais rien ne dure !
Drôle et mordant, Presque ensemble explore avec brio le sentiment amoureux à l'épreuve du quotidien, ou simplement peut-être de la vie.

Extraits & Citations (1)

Certains jours, il se sentait tellement seul qu’il avait envie de serrer n’importe qui contre lui. Il se disait que d’autres en avaient sûrement envie aussi, mais que tout le monde s’interdisait de craquer. Ou alors, il faudrait payer. Il regardait souvent les prostituées qu’il croisait sur les grands boulevards ; mais probablement, elles ne voudraient pas. Ça ne se faisait tout simplement pas. Au stade, c’était tout le contraire. On n’était jamais seul, parce qu’on était dans un camp. Si la France marquait, on avait le droit de se jeter dans les bras du voisin,...

Les avis sur ce livre (1)

Les avis

Le 20 janvier, 2017 - 20:13

Si vous êtes amateur de belles histoires d’amour romantiques, passez votre chemin. Si vous préférez les sombres histoires de vengeance après une séparation douloureuse, passez également votre chemin : Marjorie Philibert a choisi d’ancrer son roman dans le réel, sans y ajouter d’effets spéciaux ou de spectaculaires retournements de situation. Bref, une histoire ordinaire. Celle d’un couple qui naît et se défait. Une histoire tellement ordinaire qu’il valait vraiment la peine d’aller voir ce qui fait qu’aujourd’hui le sexe remplace l’amour et la liaison éphémère prend la place de l’union durable.

Le couple en question est constitué de deux provinciaux venus à Paris pour leurs études. Nicolas est originaire du pays Nantais et s’intéresse à la sociologie, mais sans grand enthousiasme. Il n’a du reste pas de signe particulier, ni même un physique très avantageux. Il végète. Victoire n’est guère mieux lotie, mais dispose tout de même d’un physique agréable. Après une enfance en Corrèze et une adolescence prendra fin avec des vacances à Belle-Île et une première relation sexuelle très décevante derrière un bar, on la retrouve dans un établissement parisien qui diffuse la finale de la Coupe du monde de football sur grand écran.

Vous l’avez compris, nous sommes en 1998 et ce 12 juillet sera à marquer d’une pierre blanche pour des milliers, voire des millions de personnes.

Victoire, cela ne s’invente pas ( !), tombe dans les bras de Nicolas, emportée par la foule plus que par son désir. Mais qu’importe, le jeune homme pourra être éternellement reconnaissant à l’équipe de France qui a changé le cours de sa vie.

Car les deux jeunes amants peuvent profiter de l’été. Ils n’ont guère de moyens, mais peuvent passer des journées entières au lit, faire l’amour et se promener. Un peu comme ces autres jeunes qu’ils suivent fascinés sur petit écran. Avec Le Loft où ne vivaient que des êtres qui dormaient, mangeaient et baisaient, Nicolas et Victoire découvrent la télé-réalité et s’imaginent qu’un tel mode de vie a de l’avenir. Avant de se rendre compte qu’il faut tout de même songer à gagner un peu d’argent pour survivre dans cette société de consommation.

Après leurs dernières grandes vacances d’étudiants qu’ils passent dans le Lot, près de Cajarc avec leurs amis Stéphane et Claire, ils vont trouver des petits boulots, elle comme rédactrice dans un magazine de voyage, lui comme assistant dans un site consacré à la sociologie et plus exactement à la publication d’études basées sur la corrélation de statistiques.

Presque sans s’en rendre compte, ils poursuivent leur petit bonhomme de chemin ensemble. Le 21 avril 2002, en voyant Jean-Marie Le Pen apparaître sur leur écran en tant que candidat au second tour de la présidentielle, « ils crurent que leur vie prenait un tournant. » Mais il n’en fut rien. Pas plus d’ailleurs que durant l’été de la canicule, où « ils se jurèrent de faire des enfants, pour avoir quelqu’un puisse faire le numéro des pompiers avant qu’il ne soit trop tard. » Projet avorté, si je puis dire.

C’est que chacun semble poursuivre sa propre route : « On s’épuisait à se parler sans s’écouter, à expliquer sans se comprendre, à souffrir comme si on avait tout le temps devant soi pour finir par passer sa vie côte à côte comme deux vaches dans un pré. »

Tandis que Nicolas démontre que les hommes célibataires qui achètent des surgelés sont beaucoup plus susceptibles que les autres d’adopter des comportements violents, Victoire teste le matelas d’un hôtel de luxe à Majorque.

Si leur sexualité s’étiole, la tendresse reste. L’achat d’un chat vient apporter un peu de fantaisie et un peu de douceur dans une vie trop ordinaire.

Pour l’épicer un peu, chacun va s’essayer à la relation extra-conjugale. Nicolas avec Soo-Yun, une étudiante coréenne en sciences de l’information à Séoul, qui a étö engagée comme stagiaire par son patron. « Hélas, son aventure était sporadique et intense, exactement à l’opposé de sa vie de couple : un adultère tout ce qu’il y a de plus classique. Soo-Yun, il le savait, ne pourrait jamais constituer qu’une aimable excursion éphémère. »

Du fait de ses voyages jusqu’au bout du monde, Victoire opte pour des rencontres de passage, avec Simon le Belge très vite oublié, avec Sten, le Suédois d’Uppsala qui aime lui raconter sa vie de famille et son enfance ou encore avec Rodolfo l’Argentin qui va devenir très intrusif et entend tout savoir de ses ébats avec Nicolas et va finir par l’exaspérer.

« À l’automne, leurs amants disparus, ils revinrent l’un vers l’autre, comme d’autres font leur rentrée. Leur couple était là ; il les attendait. »

Marjorie Philibert, après Aurélien Gougaud et son Lithium, brosse le portrait d’une génération qui se cherche sans jamais se trouver, qui s’imagine pouvoir s’inscrire dans un schéma classique sans pour autant disposer des armes qui leur permettrait de résister aux difficultés, aux conflits inhérents à leur manque de moyens ou encore à leur démotivation face à cette crise qui n’en finit pas.

C’est joyeux puis triste, c’est encourageant puis désespéré. L’idéalisme fait soudain place à un réalisme froid. Les quelques notes d’humour qui parsèment le récit ne parvenant pas à nous faire éviter le spleen qui nous gagne au fil des pages.

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