LES TRISKÈLISTES 2

Les Triskèlistes 2

‒ Mais ! Resta interloquée la dame en s'approchant pour y regarder de plus près. Avez-vous remarqué que ses grains de beauté sont placés autour de son ombilic et que l'ensemble forme comme un triskèle ?

‒ Vous connaissez les triskèles ? Demanda Gwendal en sortant de dessous son tee-shirt la sienne en la montrant.

‒ Bien sûr que je connais ce symbole ! C'est la représentation des connaissances des Celtes. Tu le savais ?

‒ Oui nous le savons. Mes sœurs aussi en ont une. Nous, on dit une triskèle parce que c'est masculin et féminin en même temps.  

‒ Heu… alors vous, vous dites que c'est au féminin… une triskèle ? Pourquoi pas, mais comment pouvez-vous connaître les Celtes à votre âge ? Demanda la dame.

‒ Ce sont des symboles qui leur viennent de leurs ancêtres depuis pas mal de générations. Intervint "Papinou".

‒ Mais c'est vrai ! On n'avait pas remarqué. Reprit Gwendal en regardant à son tour le nombril de Dominique. Nous les Gwen, on a en principe à nous trois une triade complète de triskèles. Ne serais-tu pas l'envoyé des dieux, l'aggregator par hasard… le regroupeur de nos trois triskèles ?

‒ Comme un pour tous ? Enchaina Dominique.

‒ Comme tous pour un ! Rajoutèrent joyeusement les triplés en chœur.

‒ Mon épouse… "Nanou" comme les enfants l'appellent et moi, nous avions déjà un doute après avoir lu ce que nous avons pu trouver sur les Celtes. Il y a eu aussi notre rencontre en vacances avec une Irlandaise "plongée" depuis sa naissance dans le triskèlisme et la culture des Celtes. Elle disait que les trois triskèles devaient se retrouver ensemble pour que la magie celte puisse agir, mais comme les trois mousquetaires… devant être quatre pour être plus forts, qu'il faudrait également un "regroupeur" œuvrant en coordination avec les détenteurs d'une triade, en commun… à quatre sans arrière pensée et d’un cœur pur afin de recevoir la magie à la puissance quatre si je puis dire. Les dieux Celtes seraient-ils prêts à nous aider à connaitre leurs savoirs ancestraux par ces quatre jeunes intermédiaires ?

‒ Mon mari avait toujours rêvé de connaitre une situation de ce genre. Quand il m'en parlait sans être druide… puisqu'il ne doit plus y en avoir beaucoup de vrais encore vivants de nos jours, il aurait beaucoup aimé servir de guide et rapporter ses connaissances acquises. Malheureusement pour lui, c'est moi qui récupère le bénéfice d'une chose que je n'avais jamais imaginé de voir durant ma vie. Reprit la vieille dame. Il disait aussi qu'il fallait faire très attention parce que les dieux Celtes ; même s'ils comprennent et tolèrent nos défauts d'humains, peuvent également se détourner de celui ou celle qui ne remplirait pas son rôle comme il le devrait. Il me semble bien qu'à vous quatre, vous formez un sacré quatuor bien solidaire. Soyez respectueux et sincères envers tous… vous ne pourrez en obtenir que des satisfactions. Utilisez les forces qui sont autour de nous. Elles sont toujours là depuis la naissance de notre terre pour nous aider, nous guider à notre demande.

‒ Ben oui mais moi… je n'ai pas de triskèle ! Continua Dominique.

‒ Toi mon garçon… à mon avis, tu n'en as pas besoin ! La tienne est inscrite dans ta peau avec au centre ton nombril, qui peut être considéré comme un œil voyant tout, entend tout et ne dit rien. Il me semble bien qu'à vous quatre, vous avez en vous la totalité des connaissances magiques rassemblées des vrais Celtes, qui… c'est ce que disait mon mari, seraient présentes en chacun de nous, mais que nous ne savons pas utiliser. Restez solidaires ! C'est ce que les Celtes n'avaient pas compris de réunir la triplicité dans l'unité et vous apporterez beaucoup de joie et de bonheur autour de vous. Ça n'empêche qu'il ne faille pas non plus mon garçon, te prendre comme le détenteur du "nombril du monde".

‒ Nous ne sommes pas ce que vous dites de ne pas devenir. Notre devise familiale est : il faut savoir servir mais aussi savoir recevoir ! Intervint Gwendal. En tout cas, la dame Irlandaise disait que la magie des Celtes se manifesterait souvent au moment où on en aurait le plus besoin.

‒ Que veux-tu nous dire ? Demanda Gwendoline.

‒ Dominique a ressenti que "Nanou" faisait fausse route quand elle s'engageait sur l'autoroute lorsqu'on recherchait "Papinou" et le camping-car. Il a réussi à nous amener jusqu'au pont près de la ferme du diable. N'est-ce pas déjà des preuves, ou est-ce des coïncidences alors que nous sommes ensemble ? Continua Gwendal.

‒ Il ne faudra pas oublier de remercier les dieux s'ils vous ont choisis. Moi je vais les remercier de vous avoir amené jusqu'à moi. Il me faudra aussi remercier mon chat.

‒ Remercier votre chat ? S'étonna Gwendoline.

‒ Mais bien sûr. Il fait partie de la nature lui aussi. Sans lui, je pense que vous ne seriez pas venus dans cette impasse et les garnements auraient continué leur caillassage. Habituellement Kitty reste près du feu. Il ne me quitte pas d'une semelle ou n'est jamais très loin. Il aura compris que j'avais besoin d'aide ou alors, il a été utilisé par les dieux avec le seul moyen disponible pour vous amener jusqu'ici. Ce chat, je l'ai trouvé tout petit devant ma porte. Ce n'était qu'une toute petite boule de poils noirs, malade, ne marchant pas encore et… peut-être que vous aussi vous allez me prendre pour une folle, mais je reste persuadée que c'est sa maman qui me l'aurait amené sur le paillasson pour que je le soigne, car lorsque je l'ai ramassé, j'ai vu un gros chat s'éloigner en miaulant comme pour me dire «Je te le laisse à tes bons soins !». Il était dans un état déplorable. Je l'ai appelé Kitty… qui veut dire minou en Irlandais. Je l'ai soigné personnellement et nourri avec un biberon de poupée. J'ai remplacé sa maman qui ne savait plus comment faire pour le guérir. C'est mon seul compagnon depuis que mon mari est décédé. Nous n'avons pas eu d'enfant.

‒ Pourquoi avoir choisi un nom Irlandais ? Vous êtes de ce pays ? Questionna "Papinou".

‒ Moi non, mais mon défunt mari oui. Il avait commencé à m'enseigner sur des moyens de guérison avec ses connaissances venant de son grand-père et de son père. Il était ce qu'on appelle un "rebouteux" venu du fin fond de l'Irlande où les habitants ne consultent pratiquement jamais les docteurs. Ils préfèrent utiliser des secrets de la nature connus depuis la nuit des temps et transmis oralement de générations en générations. C'est la première médecine respectueuse de l'être humain à base de plantes et d'un peu de magie blanche. Beaucoup de personnes s'en détournent, pensent que c'est une science occulte entrant en communication avec des sources surnaturelles. Pourtant parfois, ils s'en approchent avec méfiance et curiosité… surtout quand la médecine traditionnelle n'arrive plus à les soigner.

‒ Avec la magie… comme celle des Celtes ? Demanda Gwendal.

‒ J'ai le ressenti et suis presque certaine que vous avez été choisis par les dieux Celtes. Je vous propose d'essayer de tester vos capacités. Puisque vous êtes ici à quatre, que vous avez chacun vos triskèles et que votre "regroupeur" est également présent, donc… comme toutes les conditions sont requises, que pense Dominique… puisque c'est lui le centralisateur, le récepteur de ces connaissances Celtes, ce que je dois appliquer sur la plaie de ma tête qui saigne encore un peu ? Concentre-toi un peu mon garçon ! Je suis persuadée que la réponse te viendra en tête. Dit la vieille dame.

Dominique se tortura l'esprit une petite minute mais rien ne lui vint en tête.

‒ Je vais t'aider… plutôt, nous allons t'aider ! Pour une plus forte concentration des connaissances des différents dieux que représente chacune des triskèles… vous les triplés, faites un cercle autour de ce garçon en vous tenant par les mains. Quant à toi Dominique… si je ne me trompe pas dans vos prénoms, il me semble que tu te concentres trop sur toi-même. N'oublies jamais une chose importante… tu dois demander dans ta tête comme une prière. Une prière, c'est une requête mentale qui ne doit pas être dans ton intérêt personnel, mais pour le bien d'une autre personne… en l'occurrence ici, moi-même.

Après un laps de temps où Dominique se concentra entouré des triplés, il se mit à dire :

‒ Je suis désolé madame. Ça ne marche pas votre truc ! Dans ma tête je pense à des orties dans un jardin avec des oignons à côté. Ça ne correspond absolument pas avec ce que je demande.

‒ Bien au contraire mon garçon ! C'est exactement ce qu'il nous faut pour arrêter les saignements naturellement. Rien de tel qu'une feuille d'ortie ou un oignon coupé. Regardez ! J'ai ici un oignon. Je le coupe en deux et je l'applique directement sur la plaie. Commenta la dame tout en accomplissant ce qu'elle disait.

‒ Ça doit piquer ? Questionna Gwendoline.

‒ Oui… bien sûr sur le coup, mais c'est supportable et bien mieux que tout ce que l'on trouve dans le commerce, parce que la nature va mettre en place son système de régénération de l'ensemble… une sorte de rééquilibrage, car la nature est un tout dont nous faisons partie intégrante. Compléta la dame. D'ici peu on ne verra même plus l'emplacement de la plaie.

‒ C'est formidable si à nous quatre on peut trouver à soigner les gens ! S'exclama Gwendal.

‒ Oui mais faites très attention. Il faut aussi que les gens acceptent d'être aidés et qu'ils croient en la science de la nature.

‒ C'est peut-être parce que vous avez été sensibilisée par votre mari à ces possibilités naturelles que ça marche pour vous ? Rajouta "Papinou".

‒ Ça marchera pour d'autres aussi s'ils y croient sincèrement sans arrières pensées. J'espère que vous avez compris cette petite leçon sur la magie blanche des Celtes. C'est à vous de travailler dans ce sens sans jamais rien demander en retour, et surtout ne jamais accepter d'être indemnisé. Les Dieux s'éloigneraient rapidement de vous puisque eux, offrent gratuitement.

‒ Est-ce que la magie celte fonctionne aussi pour les objets disparus ? Demanda Gwenaëlle en souriant. Parce que "Papinou" cherche toujours après son portable.

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