Les hyperliens qui détachent ! par Etienne Brunet

0
0 avis
 
Noter 
 
Recommander : 
 

Les hyperliens qui détachent !

 

En exil sur la toile depuis une douzaine d’année, je me suis construit un joli site, j’ai acheté un blog de campagne, j’ai mes réseaux d’amis virtuels, mes putes numériques dans le quartier des plus 21. Je travaille dans une fabrique de lettres instantanées. Je voyage à l’hyper vitesse grâce aux liens “Linoléum System”, les hyperliens qui détachent ! ça va tellement vite que j’avance sans bouger ”. Tout va bien.

 

Tout le monde sait, depuis que les frères Google ont fait fortune avec leur algorithme que les robots virtuels, les BOTS, détectent les pages par le nombre de liens et non par une sémantique de phrases serrures ou de mots clés. La recette de l’algorithme est secrète comme la formule du Coca du père Yankee. Vendre des mots clé aux enchères pour le référencement Internet est devenu le nouvel eldorado. Nul écrivain n’aurait pensé louer à l’année des mots à l’unité !

 

Un substantif dans une phrase, un lieu géographique : click, changement de stylo, changement d’idée. Le lien hypertexte éparpille le texte à l’inverse du lien en dur qui attache et immobilise. Le lien hypertexte est le mot virus prédit par William Burroughs. Le lien se propage à toute allure à travers les pages Web. En quelque click, on part du mot “révolution” pour arriver au mot “réaction”. Click. Le lien hypertexte est structurel de la pensée actuelle.

 

D’une certaine façon, le lien transposé en musique correspond à l’idée de “sample”, échantillon électronique. Mais la fonctionnalité de la musique est plus abstraite. Une musique construite seulement avec des samples est déstabilisante à écouter. Les oreilles excitent le cerveau jusqu’au point de rupture hystérique. Zap mental. Musique des ancêtres avant-gardistes : “The Medium is the Massage” de MacLuhan ou “Variations IV” de John Cage pour postes de radios ou les derniers “Plunderphonics” de John Oswald, le fameux musicien-pirate avec un sampleur entre les dents.

 

Le lien hypertexte casse la phrase classique au profit d’une sorte de jeu de piste littéral. Littéraire. La contrainte de la démocratie hyper communicante invite avec insistance de poster à un ami, partager, signaler, donner une note, un classement, envoyer sur le réseau untel dit réseau social, oui, SOCIAL ! Hello, baby, mets-moi dans ton top ranking !

 

Ignares et spécialistes divergent, convergent, mentent, commentent le grand jeu hyper média. Tout le monde peut devenir rédacteur de ceci ou de cela. Les journalistes imitent les quidams, les quidams se prennent à baratiner comme des purs baveux. Du point de vue subjectif, les ordis, télés, sites Internet, réseaux sociaux, blogs, radios, téléphones mobiles ne signifient plus rien de compréhensible. Confusion générale. Le vrai est réellement, un moment du faux global et virtuel. Salut-moi bien les frères Google.

 

Etienne Brunet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Etienne Brunet, le 20 septembre 2010

Noter : 
 
|
Recommander :

AU FIL DU WEB Le meilleur des blogs littéraires sélectionné par Viabooks

VIABOOKS DE A à Z

Les auteurs
A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M  N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z  
Les livres
A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M  N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z