Pascal Quignard

    Année de naissance : 1948 Nationalité : français 159 Facebook : http://www.facebook.com/pages/Pascal-Quignard/58192427273?ref=search&v=wall#!/pages/Pascal-Quignard/58192427273?v=wall&ref=search

A propos de l'auteur

Pascal Quignard est un écrivain français mais également le violoncelliste à qui l'on doit le Festival d'opéra et de théâtre baroques de Versailles.

 

Les débuts

Pascal Quignard est né le 23 avril 1948 à Verneuil-sur-Avre dans l'Eure. Il grandit au Havre, et à l’âge de 18 mois il passe par des périodes d’« autisme » qui se renouvellent à 16 ans. Son enfance est difficile : il souffre d'anorexie. Il s'intéresse aux langues et aux littératures anciennes. En musique, il s'essaie au piano, à l'orgue, au violoncelle, au violon et à l'alto.

Il entreprend des études de philosophie à Nanterre où il est condisciple de Daniel Cohn-Bendit. La révolte de Mai 68 l'empêche de commencer sa thèse sous la direction de Levinas et il s’éloigne de la philosophie. C’est dans ce contexte qu’il travaille à ses premiers livres, et il devient libraire bouquiniste.

Son premier livre est un essai consacré à Leopold von Sacher-Masoch. Remarqué par Louis-René des Forêts chez Gallimard, il lui demande de collaborer à sa revue L'Éphémère qui accueille déjà des auteurs comme Yves Bonnefoy, André du Bouchet, Michel Deguy, Philippe Jaccottet, ou encore Michel Leiris.

Mercure de France le publie en 1969, et Quignard devient parallèlement lecteur dans cette maison et chez Gallimard. Il entre au comité de lecture de ces éditions en 1976.
Il continue à publier plusieurs essais, sur Maurice Scève, Lycophron et Michel Deguy.
Son premier roman en 1976, Le lecteur, est suivi de Carus, qui reçoit le prix des Critiques en 1980.

Le succès

Il se fait connaître du grand public par la publication chez Gallimard de deux romans : Le Salon du Wurtenberg (1986) et Les Escaliers de Chambord (1989). Il devient par la suite secrétaire général pour le développement éditorial chez Gallimard.

L'édition des huit volumes des Petits Traités aux éditions Maeght en 1990, réédités dans la collection Folio en 1991, dévoile l'étendue de ses lectures et semble consacrer son abandon à la littérature seule.
La même année, il écrit le roman Tous les matins du monde, adapté ensuite au cinéma par Alain Corneau avec Jean-Pierre Marielle et Gérard Depardieu, dont il cosigne le scénario.

Il enseigne à l’université de Vincennes et à l’École pratique des hautes études en sciences sociales.
Il tisse alors le lien entre musique et littérature : avec la participation du président François Mitterrand, il fonde le Festival international d’opéra et de théâtre baroques au château de Versailles. Il préside également le Concert des Nations aux côtés de Jordi Savall entre 1990 et 1993.

Tournant littéraire

En 1994, rupture totale : Il renonce brutalement à toute position dans l’édition. Il démissionne, puis abandonne toute carrière musicale. Il ne se consacre plus qu'à la littérature.

En 1997, à la suite d'un accident cardiaque, Quignard subit une hospitalisation d'urgence qui lui inspire l'écriture de Vie secrète : il mêle fiction, théorie, rêve, conte, journal intime, roman, poésie, traité, essai, fragment et aphorisme et inaugure ainsi une nouvelle forme littéraire, héritée à la fois des Tablettes de buis..., des Petits traités, de Rhétorique spéculative. Son orientation littéraire en est alors totalement bouleversée : il refuse d'enfermer ses écrits dans un genre délimité.

Le prix Goncourt 2002, obtenu pour Ombres errantes, a été perçu comme le couronnement d'une œuvre à mi-parcours.

Il écrit encore des romans : Terrasse à Rome qui reçoit le Grand Prix du roman de l'Académie française en 2000, et Villa Amalia en 2006.
Mais il déclare ne plus vouloir écrire que les différents volumes de Dernier royaume, qui regroupe, recense, résume et recoupe tous les thèmes de son œuvre. Les trois premiers volumes sont publiés en 2002, et les deux autres suivent en 2005. Le premier volume reçoit le prix Goncourt mais sans suscité la colère de quelques membres de l'académie.

En 2005-2006, Quignard réédite chez Galilée l'ensemble des textes rares ou introuvables de son œuvre, plus quelques inédits, dans leur version revue, augmentée et définitive.

Son écriture

Considéré comme un important auteur français, son écriture se caractérise par le lien affectif qui se développe lors de la lecture entre l'auteur et le lecteur : une forme de transfert où le lecteur devient dépendant de la voix du narrateur, ce qui justifie les réactions, quelquefois violentes envers la création de l'auteur.
L'attitude du lecteur dans le texte quignardien se résume en : soumission, esclavage et humiliation.

Pour l'auteur, il n'y a pas de distance critique, mais une simple obéissance au texte, comme il l'a bien expliqué dans Le Sexe et l'effroi : « Celui qui écrit sodomise, celui qui lit est sodomisé ».

Dans ce sens, chaque livre de l'auteur représente une aventure. On ne peut pas avoir accès à son royaume sans mettre le corps et l'âme à la disposition de son langage. Il y a dans cette procédure une forme de retour, retour vers les origines, retour en arrière, retour en soi vers des régions refoulées et abîmées par le langage.

Lire Quignard est accepter de se débarrasser de son moi pour errer dans l'univers avant le langage.

La problématique actuelle de Pascal Quignard, depuis qu'il a entamé Le Dernier Royaume, roman-conte-essai-fleuve tourne autour du passé lointain et figé (le Jadis), du passé en mouvement (le sien propre et récent), du conte, du langage (précaire). «Dire que nous sommes des êtres de langage, comme le fait la société, est profondément faux. […] Nous ne sommes pas des êtres parlants, nous le devenons. Le langage est un acquis précaire, qui n'est ni à l'origine ni même à la fin car souvent la parole erre et se perd avant même que la vie cesse.»

Citations

"Aimer, c'est pouvoir  penser tout haut avec un autre être humain. Confier  ce qui passe par la tête, c'est comme arracher  le voile sur sa nudité et ses états. L'intimité  ne se discerne  pas de l'extrême  franchise. C'est l'indécence même." (Vie secrète)

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