Interview
Rencontre avec Jean-Marie Blas de Roblès
par Marina Marcout , le 21 août 2010
Jean-Marie Blas de Roblès a les honneurs de la rentrée avec un nouveau livre qui paraît chez Zulma, La Montagne de Minuit. Rencontre avec un écrivain érudit qui aime le voyage et "honorer la langue". Son dernier texte nous emporte au Tibet. Originalité et humour dans la construction de ce récit qui est aussi une passionnante réflexion sur l'écriture. Une écriture, dont Jean-Marie Blas de Roblès nous parle comme un travail d'artisan. Confidences au coeur de la plume.
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Viabooks : Avez-vous des rituels particuliers ou des habitudes lorsque vous écrivez ?
Jean-Marie Blas de Roblès : « Je n’ai pas l’impression d’obéir à un rituel quelconque. Lorsque je rédige, j’écris du lever au coucher, en alternant café et cigarettes. Je remplis à la main des cahiers ou des feuilles volantes (peu importe le stylo, pourvu que la pointe glisse) avant de taper mon texte à l’ordinateur. Je le corrige ensuite, autant de fois que nécessaire, sur des impressions papier. Le soleil, la vue extérieure ou la musique me dérangent »
Quand vous êtes- vous dit la première fois : « Je suis écrivain » ?
J-M B. de R. : « Jamais. A dix-sept ans, je me suis dit « je veux écrire et ne faire que cela ». C’est toujours mon objectif, même si j’ai pris conscience que je ne suis « qu’un écrivain ».
Qu’est- ce que cela signifie pour vous d’être écrivain ?
J-M B. de R. : « Rien de particulier, sinon raconter des histoires et honorer la langue. C’est surtout une façon paresseuse d’être poète ».
Vous sentez-vous appartenir à une famille d’écrivains et si oui laquelle ?
J-M B. de R. : « Non, pas vraiment ».
Quel est votre rapport à la lecture. Lisez-vous beaucoup, rapidement, en prenant des notes ? Et qu’utilisez-vous comme marque-page ?
J-M B. de R. : « Je lis « normalement », un stylo à la main, en soulignant directement sur le livre les passages que je souhaite retrouver. Je corne la dernière page lue, ou je laisse des allumettes ou des bouts de papier déchirés dans les ouvrages que je ne veux pas abîmer ».
Comment lisez-vous ? Uniquement par plaisir ou de manière très concentrée, voire professionnelle, pour mieux décortiquer le travail de l’auteur ?
J-M B. de R. : « Je lis par plaisir ou pour me documenter (auquel cas je peux lire très rapidement), mais je relis souvent, de façon minutieuse et technique, les textes qui me plaisent pour essayer de comprendre leur fonctionnement.
Comment choisissez-vous vos lectures : en lisant les critiques, en regardant les 4 e de couv’, en écoutant les conseils de proches, par hasard…
J-M B. de R. : « Tous les moyens sont bons. »
Quel a été votre premier « choc » de lecteur ?
J-M B. de R. : « Au-dessous du volcan, de Malcom Lowry ».

Que lisez-vous actuellement ? Et qu’en pensez-vous ?
J-M B. de R. : « Je relis Moby Dick à haute voix, en comparant les traductions de Giono et de Armel Guerne. Et je me régale, tout en ayant conscience qu’aucun éditeur de nos jours n’accepterait ce livre sur manuscrit ».
Avez-vous un livre de chevet-fétiche ?
J-M B. de R. : « Non, pas de fétiche ».
Votre livre de la Rentrée ?
J-M B. de R. : La Montagne de Minuit, chez Zulma. Un livre, qui est un itinéraire, puisqu' il se passe au Tibet, mais aussi un texte dans lequel j' ai voulu aussi travailler différents niveaux d'écriture. Cette recherche formelle est selon moi aussi une quête, comme celle du voyage.
Infos pratiques
Jean-Marie Blas de Roblès, Là où les Tigres sont chez eux, Zulma
Jean-Marie Blas de Roblès, La Montagne de Minuit, Zulma
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par Marina Marcout , le 21 août 2010


















