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Nathalie Azoulai lauréate du Prix Médicis 2015

Nathalie Azoulai avec Titus n'aimait pas Bérénice (POL) succède à Antoine Volodine, lauréat du prix Médicis en 2014 pour Terminus radieux (Seuil). Une victoire attendue pour celle qui avait été présente dans les listes finales de tous les prix. 

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Nathalie Azoulai, «Titus n'aimait pas Bérénice» (P.O.L)

De quoi parle le livre : L’héroïne de Nathalie Azoulai est une femme de notre siècle qui se fait abandonner par son amant, Titus, qu’elle aimait passionnément. Commence alors pour elle une longue période de chagrin et de tristesse. Lorsqu’elle évoque son histoire avec ses proches, elle se rend compte que de ces conversations s’échappent des citations de Racine, l’auteur de la célèbre pièce de théâtre Bérénice. 

Pourquoi elle a gagné : Du mélange entre un chagrin d’amour du XXIème siècle et la pièce théâtrale, Bérénice, de Racine datant du XVIIème siècle en sort un roman inspiré, passionné et très pointilleux à propos de chaque recherche apportée sur Racine. Un texte érudit et sensible, qui montre la force des textes classiques et leur résonance avec l'époque contemporaine.Le roman de Nathalie Azoulai était sélectionné pour les Prix Goncourt et le Prix Femina 2015. Elle obtient le Médicis pour un texte qui réussit à parler au coeur et à l'esprit sur un sujet universel. On comprend que les jurés aient été séduits par lui.

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>Les autres auteurs qui faisaient partie de la dernière liste dans la catégorie romans

Christophe Boltanski, «la Cache» (Stock)

De quoi parle le livre : La Cache est un roman axé sur la survie des Juifs à Paris lors de la Seconde Guerre mondiale. A la fois historique et personnel, les protagonistes de l’oeuvre de Christophe Boltanski ne sont autre que ces grand-parents. 

Pourquoi il n'a pas eu le prix : Christophe Boltanski distingue son roman de tout ceux qui traitent déjà de ce sujet grâce à une remise en contexte vivifiante et touchante. La Cache est un hymne à la liberté en période de guerre, et Christophe Boltanski nous y dévoile ses talents d’auteur. Mais comme il vient d'obtenir le prix Fémina, il y a peu de chances que les jurés souhaitent réitérer la récompense.

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Charles Dantzig, « Histoire de l'amour et de la haine » (Grasset)

De quoi parle le livre : Voici sept personnages avec qui nous vivons, des premières manifestations contre le « mariage pour tous » jusqu’aux dernières. Il y a Ferdinand, garçon de vingt ans blessé par la vulgarité de son père, le député Furnesse, vedette homophobe des médias et fier de l’être ; Pierre, le grand écrivain n’écrivant plus ; Ginevra, qu’il tente d’aimer ; Armand et Aron, qui vivent en couple ; Anne, si belle et victime de sa beauté ; bien d’autres encore. Tous apportent leur voix à ce concert de l’esprit où le comique le dispute à la rage.

Pourquoi il n'a pas eu le prix : Dans « Histoire de l’amour et de la haine », Charles Dantzig plaide pour la liberté sexuelle et livre une réflexion acide sur la virilité. Son livre est aussi un reflet de la société française. En arrière-plan des manifestations contre le Mariage pour tous, c'est tout un clivage sociétal qui se dessine. Mais le propos a peut-être été jugé comme un peu trop spécifique. Le souvenir de ces manifetstaions semble assez loin et depuis les attentats de Charlie Hebdo, les préoccupations françaises ont changé. 

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Maryline Desbiolles, « Le Beau temps » (Seuil)

De quoi parle le livre : Maurice Jaubert naît dans les premiers jours de 1900, à Nice où le siècle, lavé par les vagues et lustré par la lumière, est encore plus neuf. Sa courte vie se dessine entre ce front de mer et la ligne de front où il meurt en juin 1940. Mais il aura inventé la musique de cinéma (il travaille avec Vigo, Storck, Renoir, Carné ou Duvivier) et cru à l'effervescence créatrice de son époque, malgré les années noires, malgré les tragédies : il aura cru ardemment aux vertus du nouveau sans lequel il n'y a ni désir ni joie.

Pourquoi elle n'a pas eu le prix : Maryline Desbiolles livre un roman enthousiaste et généreux, une véritable lettre d’amour qu’elle adresse à travers le temps. Maurice Jaubert devient le témoin d'une époque, joyeuse, même si parfois confrontée aux heures sombres, riche et pleine d'alan vers l'avenir. Un joli travail qui a permis à l'auteure dans le cercle des finalistes, mais jugé encire un peu "jeune" pour le prix.

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Sophie Divry, « Quand le diable sortit de la salle de bain » (Notabilia)

De quoi parle le livre : Dans un petit studio mal chauffé de Lyon, Sophie, une jeune chômeuse, est empêtrée dans l’écriture de son roman. Elle survit entre petites combines et grosses faims. Certaines personnes vont avec bonté l’aider, tandis que son ami Hector, obsédé sexuel, et Lorchus, son démon personnel, vont lui rendre la vie plus compliquée encore. Difficile de ne pas céder à la folie quand s’enchaînent les péripéties les plus folles.

Pourquoi elle n'a pas eu le prix :Sophie Divry livre un récit qui ose aborder des sujets graves comme le chômage avec drôlerie, construit sur fond de vie ordinaire.  Un talent qui s'est fait remarquer cette rentrée. Et qui promet de belles perspectives. Sophie Divry était finaliste mais avait peu de chances de gagner. Elle a été choisie comme espoir des librairies Cultura, ce qui lui permettra une mise en avant pendant un an dans tout ce réseau de libraires.

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Hédi Kaddour, «Les Prépondérants» (Gallimard)

De quoi parle le livre : Au printemps 1922, des Américains d’Hollywood viennent tourner un film à Nahbès, une petite ville du Maghreb. Ce choc de modernité avive les conflits entre notables traditionnels, colons français et jeunes nationalistes épris d’indépendance. Raouf, Rania, Kathryn, Neil, Gabrielle, David, Ganthier et d’autres se trouvent alors pris dans les tourbillons d’un univers à plusieurs langues, plusieurs cultures, plusieurs pouvoirs.

Pourquoi il n'a pas eu le prix : Hédi Kaddour est déjà lauréat du prix du roman de l’Académie française, ex-aequo avec Boualem Sansal. L’écriture vive et minutieuse d’Hédi Kaddour fait de son roman Les prépondérants un ouvrage captivant, comprenant de nombreuses histoires. Il s'agit aussi d'un document fort sur le Maghreb colonisé de 1920, tiraillé entre d’éternelles  traditions et l’envie de modernité. L’auteur signe  un ouvrage sur les affrontements du XXème siècle et le réussit avec finesse, en évitant les écueils des clichés. Incontestatblement l'un des livres majeurs de la saison, mais comme il a déjà reçu le prix de l'Académie française, les jurés n'ont logiquement pas souhaité le récompenser une deuxième fois.

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Aram Kebabdjian, « Les Désoeuvrés » (Seuil)

De quoi parle le livre : La sainte religion de la culture triomphe dans la Cité. Les autorités ont construit, sur les quais de la Maleine, une résidence où les artistes travaillent sans soucis matériels. Mike Bromberg invente des moustiques-papillons, Amin Carmichael installe dans la campagne des routes qui ne mènent nulle part, Lucinda Hernández a conçu une machine à mauvais temps. Il y en a bien d’autres, déjà prestigieux ou très prometteurs : ils répandent la bonne parole, accomplissent des miracles, élèvent les âmes.

Pourquoi il n'a pas eu le prix : Roman de pure fiction, Les Désœuvrés dévoile le monde de l’art contemporain avec une justesse, une pertinence, une vérité et une maestria littéraire impressionnantes.Un peu "élististe", mais très juste. Le monde de l'art est en soi un sujet terriblemet romanesque. Une entrée réussie sur la scène littéraire. Le prohain livre sera peut-être celui qui sera primé ? Un talent à suivre.

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Laure Limongi, « Anomalie des zones profondes du cerveau » (Grasset)

De quoi parle le livre : « C’est une sorte de migraine colossale nourrie aux OGM et qui aurait bu toute l’eau de Fukushima. Un monstre déchaîné que vous ne voulez vraiment pas fréquenter. Elle touche une à trois personnes pour mille. L’un de ses surnoms sympathiques est “la migraine du suicide”. Sans nier son statut d’épreuve, il s’agit de vivre la maladie comme une aventure, de toucher à la douleur sans pathos mais avec la plus intense douceur : elle est, après tout, le dénominateur commun aux êtres vivants. Ou comment se réapproprier son corps dans sa magnifique imperfection. Et si, à la suite d’un Montaigne, nous redéfinissions la santé comme acceptation souveraine de la maladie ? »

Pourquoi elle n'a pas eu le prix  : Loin du témoignage ou du récit nombriliste, une équipée qui virevolte de la poésie à la science, de l’humour à l’amour, corps à corps vibrant qui s’achève par ces mots : aujourd’hui, tout va bien. Un cheminement  avec le corps et l'esprit. la migraine n'est-elle pas par essence à la cconfluence des deux? Réusssir à nous faire sourire avec une histoire de souffrance relève de l'exploit. D'avoir été finaliste au Médicis aussi. Les chances de gagner étaient faibles. Mais un talent de conteuse s'est révélé.

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Fabrice Loi, « Pirates » (Gallimard)

De quoi parle le livre : Tony Palacio, forain, trompettiste de jazz, quitte la loterie familiale et monte à Marseille. Entre survie et petits trafics, il y rencontre Max Opale, un ancien militaire devenu expert en balistique. Tour à tour ami, mentor et rival, Max Opale initie Tony à la violence dans une enquête liée aux pirates de Somalie. Et avec Awa, femme d’Opale et soprano sud-africaine, Tony Palacio vivra un singulier duo... Plus encore : Awa lui apprendra que tous les mondes ne se valent pas. 

Pourquoi il n'a pas eu le prix : Au-delà du destin tragique de Tony, homme libre, Pirates dessine un portrait de Marseille, ville splendide, tendre et brisée, et des infortunés d’ici et d’ailleurs. C’est aussi le récit d’un mystère africain, et des conflits contemporains, aux guerres fragmentées qui prospèrent sur l’oubli et le mensonge. Un roman sur nos idéaux, et sur les liens qui unissent musique, poésie et politique. Inspiré et inspirant. Mais encore ub peu "jeune" comme on le dirait d'un vin pour être primé.

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Antoine Mouton, « Le Metteur en scène polonais » (Bourgois)

De quoi parle le livre : À l'origine, une idée simple : que se passerait-il si un livre changeait tandis qu'on ne le lit pas ? Idée a priori plaisante, mais qui rendra fou le metteur en scène polonais, auquel un directeur de théâtre parisien a confié la tâche d'adapter pour la scène le roman d'un auteur autrichien, roman dont les personnages et les situations disparaissent d'une lecture à l'autre.

Pourquoi il n'a pas eu le prix : « Le Metteur en scène polonais » est un premier roman drôle et inquiétant dû à un jeune écrivain qui pose sur le théâtre un regard qui allie distance et empathie. Si Aram Kebadjian pose un regard sur le monde de l'art contemporain, Antoine Mouton passe au scanner celui du théâtre. Ombres et lumières d'une scène sans fin. Un succcès d'estime et une belle reconnaisssance d'être finaliste. Le livre témoigne d'un talent prometteur; Pour un premier roman, c'est un coup de maître. Attendons quelques prochains livres pour que le jury prime cet auteur prometteur!

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Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie (Jean-Claude Lattès)

De quoi parle le livre : Dans son huitième livre, Delphine de Vigan aborde la question de l’après succès. Que faire après le succès de son dernier roman ? Delphine va rencontrer la mystérieuse L., à qui elle va beaucoup s’attacher. Elle expose alors dans son roman l’idée de la domination d’un individu sur un autre. 

Pourquoi il n'a pas eu le prix :  Delphine de Vigan parvient très adroitement à se mettre en jeu dans son nouveau roman. En alternant réel et fiction et en jouant avec le thriller, l’auteur dresse de façon intelligente la relation entre manipulant et manipulé. Mais comme ce livre a reçu le Prix Renaudot, il était peu probable que les jurés lui décernent un nouveau prix. Donct actes.

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>Le lauréat pour la catégorie "roman étranger" 

« Encore », par Hakan Günday (Galaade). L’enfant terrible de la nouvelle génération des écrivains turcs, a écrit un grand roman coup de poing qui résonne avec l'actualité tragique des migrants :  l’histoire d’un enfant monstre né au cœur d’un réseau de trafic de clandestins. Avec Encore, on retrouve l’immense talent de conteur, le regard sans concession sur le monde contemporain et l’insolence de ton qu’Hakan Günday a révélés dans D’un extrême l’autre (Prix du meilleur roman de l’année 2011, Turquie) et dans  Ziyan (Prix France-Turquie 2014). Les jurés n'ont pu rester insensibles à ce texte qui ne cherche ni la complaisance, ni le jugement.

 

 

>La lauréate pour la catégorie "essai "

 

« Sauve qui peut la vie », par Nicole Lapierre (Seuil) est primé. Un livre que nous avions remarqué, qui traite d'un sujet difficile, une histoire familiale chargée de suicides successifs, traitée avec élégance et goût de la vie. L'auteure qui est sociologue, analyse sa propre histoire avec distance et écrit un livre qui est entre l'essai, le roman et le documentaire.

 

 

 

 

 

>Les félicitations de Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, à Nathalie Azoulai, lauréate du Prix Médicis

Fleur Pellerin a félicité lauréate. Elle a déclaré :"Le Prix Médicis a été attribué à Nathalie Azoulai pour Titus n'aimait pas Bérénice, édité chez P.O.L. Dans son dernier roman, Nathalie Azoulai revisite avec beaucoup d’intelligence, de subtile érudition, d’esprit et de sensibilité la tragédie racinienne. On y découvre une Bérénice d’aujourd’hui abandonnée par un moderne Titus. Pour apaiser sa peine, elle se tourne alors vers sa sœur du Grand Siècle, celle dont Racine a, en quelque sorte, immortalisé la douleur.Cela donnera lieu à une très belle méditation sur la langue, sur cette « autre dimension » qui permet aux mots de dire l’indicible, sur le double mystère de leur pouvoir d’évocation et de l’extraordinaire capacité d’un homme, Racine, à dire la passion amoureuse, telle que peut la vivre et même la souffrir une femme. Titus n’aimait pas Bérénice, mais nous, nous aimons le très beau livre de Nathalie Azoulai."

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